"La Belgique a le meilleur système de surveillance dans le monde. Nous comptons beaucoup mieux que les autres pays", a défendu vendredi à Belga Steven van Gucht, porte-parole interfédéral Covid-19. 

Le virologue a réalisé une série d'entretiens avec la presse à l'étranger pour défendre la gestion de la pandémie en Belgique, après que le président américain Donald Trump eut pointé du doigt le taux de mortalité belge comme le plus élevé au monde. Le virologue rappelle que le total des décès en Belgique inclut les cas suspects, non confirmés par un test de dépistage. Sur les 6.679 décès belges, 46% sont des cas confirmés de Covid-19, soit plus de 3.000. C'est donc moins que les 4.177 décès affichés par l'université Johns Hopkins aux Pays-Bas, un pays relativement comparable à la Belgique en terme de densité et de mobilité de la population selon le virologue.

"La Suède, par exemple, a implémenté des règles moins strictes. C'est vrai qu'ils comptent moins de morts que nous, mais ils en ont plus que leurs voisins", analyse Steven van Gucht. "Le pays est plus vaste, avec une population moins dense. Les gens peuvent s'isoler plus facilement", poursuit-il.

La contamination initiale et la distribution du virus dans le pays jouent aussi un rôle important, rappelle-t-il. "Le virus touche la Belgique de manière relativement homogène. Aux Pays-Bas, c'est surtout le sud-est qui est impacté. Ramener le nombre de cas sur toute la population du pays n'a pas de sens. Les décès américains sont plus nombreux à New-York, mais le dénominateur est la population entière des Etats-Unis. Il faudrait comparer avec la population de New York", détaille le spécialiste.

En matière de dépistage non plus, la Belgique n'est pas mauvaise élève, estime le virologue. "Nous ne sommes pas les champions mais nous testons plus qu'aux Pays-Bas et qu'au Royaume par exemple. La Belgique a une capacité de dépistage importante", juge-t-il.

"Nous avons aussi l'un des meilleurs systèmes de santé", ajoute Steven van Gucht. "Même au pic, les soins intensifs étaient à 58% de leur capacité. Tout le monde a pu recevoir les soins nécessaires, ce qui n'a pas été le cas dans tous les pays. Je pense que c'est sur cette base qu'il faut évaluer la gestion", argumente-t-il.

"Ceux qui comparent les pays pour le moment le font pour des raisons politiques. Ce n'est ni scientifique ni justifié. Les analyses viendront", conclut l'expert.

 

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