Les motards et le bruit

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Première publication en juillet 2009. Dernière mise à jour en mai 2020.

Précision sur les commentaires

Je sais bien que tout cela va encore me faire passer pour un vieux con, mais il fallait que je le dise.
Hélas, beaucoup (trop) de personnes se laissent emporter sur ce sujet et n’ont pas su conserver un minimum de courtoisie et d’honnêteté intellectuelle parmi les centaines de commentaires.
J’ai laissé dire, je pense que la totalité des opinions a pu s’exprimer, mais c’est devenu vraiment n’importe quoi.
Pour la première fois sur ce site, j’ai décidé de clore les commentaires.
Toutefois, je laisse en ligne les presque 800 commentaires déjà  publiés.

 * * *

Introduction

Fin 2017, je regarde une vidéo d’un Youtubeur américain que j’apprécie, Kevin Morris, alias MC Rider.
Dans cette vidéo, le segment qui nous intéresse commence à 2’25.

Il s’agit d’un exemple de « close call » (en français, on dirait « presque accident »), où un motard britannique s’en sort de justesse alors qu’il roule très vite (la vitesse indiquée est en miles par heure, il faut donc la multiplier par 1,6 pour convertir en km/h) et se retrouve avec un semi-remorque qui lui barre la route en sortie de courbe aveugle.

 

Toutefois, ce n’est pas la vidéo qui m’a fait réagir, mais un des commentaires.

Alors que la quasi totalité des internautes soulignent l’imprudence de rouler à très grande vitesse sur une route sinueuse et sans visibilité, un d’entre eux (pseudo « BigBlue Glide ») estime que « Loud Pipes could have alerted Trucker that high speed racer was coming« .

Autrement dit, cette personne, qui semble être un motard en Harley, pense qu’avec des pots d’échappement bruyants, le camionneur aurait pu entendre arriver la moto et donc ne peut pas s’engager.

Et là, je me suis demandé comment un être humain, et plus encore un motard, pouvait être assez idiot pour penser cela…

Avec ce genre de camion semi-remorque, surtout chargé, démarrer en tournant à angle droit prend facilement entre 10 et 15 secondes. Au moment où le chauffeur s’est engagé sur la route, le motard (qui roulait entre 120 et 150 km/h) se trouvait encore à plusieurs centaines de mètres de l’intersection, qui plus est de l’autre côté d’un talus avec une ligne d’arbres.

Imaginez l’intensité sonore qu’il aurait fallu émettre pour que le camionneur entende arriver quoi que ce soit, surtout de l’intérieur de sa cabine et avec le bruit de son moteur diesel en train de démarrer !

Croire que cela soit possible témoigne d’une stupidité abyssale.

Comment peut-on en arriver là ?

 * * *

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Pourquoi une moto doit-elle faire du bruit ?

Là est la grande question…

Tout simplement pour que ce bruit soit perçu par son propriétaire.
Hé oui, c’est bête à dire, mais le motard est situé en avant et au-dessus de la sortie du pot d’échappement.
Avec le casque sur la tête qui atténue grandement les sons et le bruit du vent relatif, il n’entend pas grand-chose…
Il faut que le son émis soit suffisamment important pour qu’il soit perceptible.

La vraie question est donc :
Pourquoi une moto devrait-elle faire plus de bruit que celui prévu d’origine par le constructeur ?

C’est au fond la question posée par cette internaute sur le forum du Repaire des Motards.
Un joli texte que je vous invite à lire.

 * * *

Parce que c’est plus « beau » à l’oreille

Dans les débats souvent animés entre motards sur la question des pots d’échappement, beaucoup évoquent le côté agréable du « beau bruit ». On parle d’ailleurs de pot « qui va bien » pour parler d’un adaptable, par opposition à celui d’origine.

L’explication résiderait donc dans le côté valorisant d’un bruit plus élevé ou tout au moins plus prononcé, plus affirmé.

En fait, c’est plus une question de fréquence (en Hz) que d’intensité sonore (en décibels A).

Précisions techniques :
La lettre A signifie que le décibel est pondéré pour tenir compte de la différence de sensibilité de l’oreille humaine à chaque fréquence. Notre oreille atténue les basses fréquences.
Les sons ne sont audibles que dans une certaine gamme de fréquences et de niveaux qui constitue le champ auditif.
Le domaine des fréquences audibles s’étend approximativement de 20 à 20.000 hertz (Hz). C’est le nombre d’oscillations par seconde des molécules d’air autour de leur position d’équilibre au passage de l’onde sonore. Un hertz correspond à une vibration par seconde.
Les sons de fréquence basse (vibrations lentes, inférieures à quelques centaines de hertz) sont les plus graves, ceux de fréquence élevée (vibrations rapides) sont les plus aigus.
On constate que le seuil de sensibilité de l’oreille varie avec la fréquence. Pour une même intensité, un son dont la fréquence se situe entre 1000 et 4000 Hz sera mieux perçu (donc plus dérangeant) qu’un son grave ou très aigu.

On est ici dans un jugement esthétique.

Un « beau » son, c’est subjectif. Certaines sonorités peuvent être jugées agréables par certains et moins (ou pas du tout) par d’autres.

Typiquement, le son émis d’origine par les moteurs flat-twin Boxer des BMW modernes est souvent jugé comme trop timoré, terne : « tondeuse à gazon », « deudeuche »…

Le son est partie prenante de l’identité d’un véhicule, notamment d’une moto. On reconnaît à l’oreille une Ducati, une Harley…

Il permet aussi de distinguer une grosse cylindrée (son plus grave, plus caverneux) d’une petite cylindrée (son plus aigu, plus criard).
C’est d’ailleurs pour cela que bien des possesseurs de petite cylindrée (surtout les 50 cm3) se croient obligés de « compenser » en augmentant le niveau sonore émis par leur brêlon.

Pas de chance, le nombre de décibels ne change pas la fréquence du son, cela augmente seulement les nuisances sonores.

* * *

Parce qu’un pot adaptable est plus beau

Quelque part, ça me désole (avant j’en riais, maintenant j’en pleure) de voir tous ces motards qui claquent leur thune dans des pots d’échappement.

Le pot, c’est sans doute la pièce la plus inutile dans une moto, celle qui sert le moins à la conduite et à la sécurité.
Je peux comprendre le gars qui monte des super pneus tendres (pas toujours nécessaire, mais bon, c’est utile), des durites aviation ou des plaquettes carbone, une bulle haute, une selle confort, des commandes réglables, des embouts de guidon allégés, des protections carbone…
Tout ça n’est pas fondamental, mais ça peut aider.
Mais un silencieux d’échappement !!!

Ce n’est même pas pour la performance : sans mise au point moteur, la plupart des pots adaptables font perdre de la puissance et du couple par rapport au pot d’origine.
Une étude menée par l’UTAC pour Motomag l’a prouvé.

C’est surtout pour le look et le bruit. Eventuellement pour le gain de poids.
‘Tain, quand vous êtes sur la moto, vous regardez souvent votre pot, vous ???
Non, c’est juste pour faire plus beau (et encore, ça se discute) à l’arrêt, pour l’admirer depuis la terrasse du café.

Le choix de changer son pot d’origine pour acheter un pot adaptable « plus beau » révèle la hiérarchie des priorités pour le motard.

* * *

Pour le plaisir d’emm… le monde !

Le bruit émis par votre moto, ce n’est pas tant vous qui en « profitez » que ceux qui vous suivent et vous entourent…

Sur la route, ça va encore, vous n’emmerdez que les animaux sauvages au fond des bois.
Mais en ville, même de jour, vous pourrissez la vie aux enfants (qui ont l’oreille plus fragile que les adultes), aux bébés qui dorment, à tous les piétons et tous les habitants des alentours.

C’est encore pire la nuit : une étude de l’ADEME a calculé qu’une moto avec pot « full barouf » qui traverserait Paris de bout en bout en pleine nuit réveillerait environ 300.000 personnes…

L’excès de bruit provoque une charge mentale, qui altère les périodes de sommeil profond. C’est dans le cerveau, au niveau neurologique, que la pollution sonore agit.
« En modifiant la fluidification du sang, elle accroît les risques d’AVC, les maladies cardio-vasculaires et les problèmes d’apprentissage », explique Emmanuel Thilbier, acousticien de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).

Sur le long terme, la pollution sonore crée des stress corporels et la confusion dans le cerveau.

Oui, le bruit constitue une forme d’agression !

Le bruit excessif dégagé par un certain nombre de deux-roues (des cyclos aux grosses cylindrées) compte pour une bonne part dans la mauvaise image de la communauté motarde et dans l’agressivité manifestée par certains automobilistes à l’encontre des motards.

Le bruit excessif des deux-roues est même la première source de nuisances sonores citée par les habitants de zones urbaines.

Dans la ville de Québec, le centre historique est désormais interdit aux motos, parce qu’elles font trop de bruit, tout comme dans différentes zones de la province de Québec.

Même en zone rurale, de nombreux riverains se plaignent de la gêne occasionnée par le passage répété de motos bruyantes, notamment dans le voisinage des « routes à motards » ou dans les vallées de montagne, quand le son émis se réverbère et se propage à des kilomètres à la ronde.

Ce n’est pas un hasard si le premier « radar » de mesure du bruit sur la voie publique a été implanté en vallée de Chevreuse, dans les Yvelines, terrain de jeu de (trop) nombreux motards franciliens, particulièrement les week-ends de beau temps, c’est-à-dire exactement quand les habitants de cette banlieue huppée aimeraient profiter de leurs jardins…

Chaque motard / usager 2RM bruyant se dit (de façon très égoïste) « mais je passe en quelques secondes, ce n’est pas bien grave ».
Il oublie qu’il n’est pas seul sur la route, que cette gêne temporaire se trouve répétée plusieurs dizaines, voire centaines de fois, par jour.

Le motard bruyant répond souvent aux reproches par un « fallait pas habiter ici ! » définitif.
C’est-à-dire qu’il ne faudrait pas habiter en ville, mais pas non plus à la campagne, pas en montagne…
Et pourquoi ce serait au gêné de déménager et pas au gêneur ?
Pourquoi des dizaines de riverains devraient déménager pour un voisin indélicat qui fait ronfler sa bécane ou pour des dizaines de gêneurs « pas du coin » qui ne font que passer là une fois par mois ?

Là encore, le choix clairement affiché par certains motards révèle leurs priorités, leur vision du monde : « ma gueule avant les autres ».
En bref, on appelle ça des connards.

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* * *

Parce que c’est plus sûr

Une partie des motards anglophones a coutume de dire (et de penser) que « loud pipes save lives« .
Hélas, ce n’est pas parce qu’un slogan sonne bien qu’il s’avère forcément fondé.

Les pots bruyants ne sauvent pas des vies.
C’est un mythe, au mieux une erreur, au pire un mensonge.

Un pot bruyant ne fera pas le boulot à votre place. Si vous roulez dangereusement dans un environnement dangereux, vous pouvez toujours faire tout le bruit que vous voulez, cela ne vous sauvera pas.

Évident et simpliste ?
Tout autant que de dire qu’un pot bruyant vous sauvera forcément la vie.

Il n’existe aucune étude scientifique sérieuse / approfondie / détaillée sur cette assertion.
Aucun des deux points de vue, pour ou contre, n’a d’argument imparable à faire valoir.
Le débat se résume le plus souvent à une bataille d’anecdotes où chacun voit midi à sa porte, d’exemples vécus plus ou moins inventés ou déformés, de récits de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours…

Je ne prétends pas changer le monde et trancher définitivement, mais je voudrais essayer d’aider à réfléchir de façon à peu près sensée sur le sujet.

 

 * * *

Le mythe du bruit pour la sécurité

Tout d’abord, le grand argument de la sécurité s’avère assez amusant dans la mesure où on observe facilement que les motos les plus bruyantes sont les plus accidentogènes (surtout les sportives) et celles qui sont conduites de la façon la moins sûre.

L’explication donnée par une bonne part des motards urbains qui mettent un pot adaptable, voire non homologué, est qu’ils seraient ainsi mieux entendus, mieux perçus par les automobilistes… surtout quand ils remontent les files de façon quasi suicidaire.

Bizarrement, cela ne les choque pas que les motos les moins bruyantes (BMW, Goldwing, routières japonaises, trails) soient aussi les moins accidentogènes, les moins représentées dans les accidents, notamment mortels.

Même la FFMC le dit : 

Conduire en sécurité, ce n’est pas rouler pleins phares et faire du bruit. C’est même crétin comme démarche. Une moto, vous ne l’entendez pas quand elle arrive, mais quand elle vous dépasse ! Pour rouler en sécurité, un motard doit se rappeler qu’il est ‘invisible’ pour les autres véhicules et il doit donc conduire prudemment.

Examinons les choses de façon rationnelle.

La direction du son

N’importe quel crétin peut observer que la sortie d’échappement de tout véhicule (à moteur thermique à combustion interne) pointe vers l’arrière. Plus ou moins vers le haut ou vers le bas, le plus souvent à l’horizontale… mais toujours vers l’arrière du véhicule, et notamment d’une moto.

Le même abruti congénital peut également constater que ce même véhicule est conçu pour se déplacer vers l’avant, particulièrement s’agissant des motos dont très peu de modèles possèdent une marche arrière.

En résumé, une moto émet du bruit vers l’arrière tout en roulant vers l’avant.
Autrement dit, le son est émis à l’opposé de la course de la moto, ce qui gêne considérablement sa perception par les usagers se trouvant devant la moto.

Les motards bruyants citent souvent en exemple les sirènes des véhicules d’urgence, qui annoncent leur arrivée et les aident à se frayer un passage dans la circulation.
Et c’est d’ailleurs bien pour cela que les avertisseurs sonores des véhicules de police / gendarmerie / pompiers / ambulances sont TOUS (absolument tous) orientés vers L’AVANT !!!
Prêtez-y attention la prochaine fois que vous croisez un véhicule toutes sirènes hurlantes : vous l’entendez arriver de loin, mais dès qu’il vous a dépassé, on l’entend beaucoup moins bien.

Pour que le bruit de la moto soit suffisamment élevé pour être perçu vers l’avant, il devra être tellement fort vers l’arrière qu’il constituera une agression pour ceux qui se trouvent derrière et reçoivent le son en direct.

C’est pour la même raison que vos feux et votre klaxon sont orientés vers l’avant.
Si vous désirez vraiment améliorer votre sécurité, vous devriez améliorer vos moyens de détection vers l’avant, avec des feux additionnels et un avertisseur sonore plus puissant.

Pour en savoir plus, lire Optimiser sa visibilité à moto (1/2) et Optimiser sa visibilité à moto (2/2).

La réverbération du son

Quant on émet l’évidence détaillée ci-dessus, les tenants des pots bruyants ont un argument bien rodé : « mais pauvre imbécile, tu ne connais donc pas les règles physiques de la propagation du son ? »

Comme la plupart d’entre nous ne sommes pas ingénieurs acousticiens (et moi non plus), nous acceptons cet argument soi-disant « scientifique ».
Sauf qu’eux non plus ne sont pas acousticiens…
Et que moi, j’ai creusé un peu le sujet.

Les règles physiques de propagation des ondes sonores font que l’essentiel des émissions sonores se fait dans la direction de la sortie du silencieux d’échappement.

Contrairement à ce que croient beaucoup, les ondes sonores se diffusent de manière conique, et non sphérique.
C’est bien pourquoi, lors d’un contrôle d’intensité sonore, le sonomètre doit être placé à hauteur de la sortie du pot d’échappement, et non devant ou sur les côtés.

Le bruit se diffuse dans un cône dont la pointe se situe à la sortie du pot.
Les ondes se répercutent ensuite sur toute surface solide qu’elles heurtent, en perdant progressivement de leur intensité à mesure qu’elles parcourent un milieu fluide, gazeux (comme l’air) ou liquide.

Si l’onde sonore ne rencontre aucun obstacle, si elle ne se répercute pas sur une surface solide perpendiculaire à sa source d’émission, elle continuera à se propager en s’atténuant sur la distance, l’atténuation dépendant de nombreux paramètres (pression atmosphérique, densité de l’air, etc.).

C’est aussi une conséquence de l’effet Doppler.
Dans le cas d’une onde sonore, « la perception de la hauteur du son d’un moteur de voiture ou de la sirène d’un véhicule d’urgence (…) est différent selon que l’on se trouve à l’intérieur du véhicule (l’émetteur étant immobile par rapport au récepteur) ou que le véhicule se rapproche du récepteur (le son étant alors plus aigu) ou s’en éloigne (le son étant plus grave). »

Avant que la moto n’arrive à la hauteur d’une voiture, le son perçu par l’automobiliste est déformé, souvent moins facilement perceptible.

De plus, la variation de la fréquence de l’onde sonore affecte sa capacité à se propager dans l’espace.

Pour que l’onde sonore soit répercutée avec un niveau suffisant d’intensité vers l’avant, dans la direction du déplacement de la moto et donc dans la direction opposée à la source d’émission sonore, cette onde devra :

  1. non seulement rencontrer des surfaces solides (comme des véhicules, des murs),
  2. mais aussi posséder une intensité de départ suffisamment forte pour rester perceptible à plusieurs dizaines de mètres en amont de la moto par des usagers (parfois perturbés dans leur audition).

Le problème est que cette très forte intensité de départ ne varie pas dans le temps et dans l’espace.

Résultat : pour se faire entendre dans les bouchons (soit sur 5 à 10% de sa vie, de son kilométrage total), une moto émet un son tellement puissant qu’il en devient agressif pour toutes les personnes dans son environnement pendant les 90 ou 95% restants, soit l’essentiel de son temps d’usage.

Le rôle du différentiel de vitesse

Une moto bruyante sera peut-être mieux entendue sur la route… mais seulement si elle roule assez lentement pour laisser le temps aux autres usagers de la route de l’entendre arriver, de la détecter et de réagir.

Ce qui est impossible quand on arrive avec 40 km/h (voire plus) de différentiel entre la moto et les voitures.

Le rôle de l’isolation phonique des voitures

Faire du bruit pour être détecté suppose que l’autre usager soit en état de vous entendre arriver.

Donc que l’automobiliste n’ait pas mis son autoradio à fond, qu’il ne soit pas en train de téléphoner, qu’il ne soit pas malentendant, qu’il ne soit pas en train de parler, etc.

Sans parler du niveau d’isolation phonique des habitacles qui a beaucoup progressé, notamment pour éviter aux automobilistes les nuisances du bruit des moteurs diesel.

J’entendais encore récemment un concessionnaire moto expliquer qu’un pot bruyant était utile pour la sécurité car « l’automobiliste a le choix de regarder (ou pas) là où il veut, mais qu’il n’a pas le choix d’entendre ».
Sauf que si…

Un automobiliste peut très bien se trouver « distrait », gêné dans sa perception auditive des bruits extérieurs par tout un tas de facteurs, dont je donne quelques exemples ci-dessus.

Même si les autres conducteurs sont bien sages derrière leur volant sans perturbation sonore, les progrès techniques dans l’isolation phonique des habitacles des automobiles font qu’il n’entendront pas la moto arriver, ou alors très tard.

Nous-mêmes à moto, combien de fois avons-nous été surpris par une moto arrivant derrière nous, à sursauter quand elle nous dépasse ?

Conclusion

Un pot bruyant permet seulement d’être mieux repéré dans les bouchons, là où on en a le moins besoin (en tout cas, d’un point de vue de sécurité pure).

A l’inverse, à haute vitesse, quand on voudrait être perçu de loin, le son est dispersé, n’est pas perçu vers l’avant et agresse ceux qu’on dépasse.

Il existe des solutions pour contenter tout le monde : des pots à émission sonore variable, avec des valves et des clapets commandés par électronique, qui peuvent à la demande émettre plus ou moins de bruit.

C’est le cas par exemple des produits du fabricant Dr Jekyll and Mr Hyde et de ceux de KessTech.

 * * *

Explications psycho-culturelles

La vérité de « pourquoi vouloir faire plus de bruit ? » est à rechercher dans l’inconscient collectif, dans les valeurs et les représentations socio-culturelles attachées à la pratique de la moto.

La notion de sécurité est grandement absente de la culture du deux-roues en France, comme dans la plupart des pays latins, à la différence des pays d’Europe du Nord.

Le deux-roues, c’est la liberté

Dans notre pays, beaucoup (quel que soit l’âge) ont une moto pour aller vite, faire du bruit et frimer.
C’est une tendance, pas une règle absolue, heureusement !

Beaucoup de motards ne voient que le côté plaisir, le frisson de la prise de risque, la possibilité d’autonomie de déplacement…
Cela génère presque toujours un comportement de défi, voire de rébellion.

En plus, il y a très souvent un phénomène de groupe, d’entraînement : si on n’a pas un scooter débridé, une moto « full power », on passe pour le nul du groupe, le boulet, voire le fayot.

Le bruit, ça se remarque

Même si c’est avec un regard de haine, on est regardé. Les gens se retournent sur le passage des motards bruyants. On les déteste, mais on les voit.
Pour un ado plus ou moins attardé (ou un adulte encore très jeune dans sa tête) qui a besoin de s’affirmer, d’affermir son identité, de confirmer sa virilité… c’est important !

Le problème, c’est que ces comportements rejaillissent sur l’image du deux-roues et de la communauté motarde.

Parce qu’une minorité se comporte en rebelles inciviques, la société a une mauvaise image des motards (en résumé, tout ce qui porte – ou devrait porter – un casque).

Donc les « mauvais éléments » sont attirés par cette image, choisissent le deux-roues pour exprimer leur révolte et contribuent encore à pourrir notre image.

Cercle vicieux, engrenage sans fin…

Le bruit comme parade sexuelle

Sur ce point, je remercie mon amie Aurélie P., motarde et primatologue, c’est-à-dire spécialiste du comportement des grands singes.
Diplômée à la fois de psychologie et de neurosciences, c’est elle qui m’a ouvert les yeux sur la proximité de comportements entre les primates et certains motards.

Dans l’inconscient collectif, plus un véhicule (à moteur thermique) fait du bruit, plus on a l’impression qu’il va (ou peut aller) « vite ».
Cette perception est fondée sur une vérité mécanique : dans un moteur à explosion, plus la cylindrée est importante, plus les gaz d’échappement sont importants (en quantité) et vont générer du bruit.
Et plus ils sont expulsés rapidement, plus le moteur sera performant.
Un même moteur sera plus performant en échappement libre qu’avec un échappement élaboré, avec chambre de tranquillisation des gaz, filtre catalytique, chicane, etc.

La vitesse, la puissance, le bruit sont donc des critères de performance du véhicule… qui vont inconsciemment rejaillir sur le conducteur.
De nombreuses personnes font une association, voire une confusion, entre la performance / puissance d’un véhicule et celle de son propriétaire / conducteur.

Beaucoup de conducteurs disent « je roule à 200 » (par exemple). En vérité, ce n’est pas vraiment eux qui se déplacent à 200, mais leur véhicule. Un motard est « immobile » sur sa moto. C’est sa moto qui se déplace par rapport à son environnement.

Ce n’est qu’un exemple d’une tendance lourde : beaucoup de motards choisissent une moto pour l’image qu’elle donne, c’est-à-dire pour l’image qu’ils voudraient donner d’eux-mêmes.

On dit souvent : « grosse voiture = petit zizi ».
C’est vrai aussi pour les motos. Sauf qu’une moto, par rapport à une voiture, ce n’est pas gros. Par contre, ça peut aller bien plus vite (pour moins cher) et surtout, ça peut faire bien plus de bruit !

Un exemple (au second degré car justement parodié par mon ami Lolo) ?

 

Bref, la moto, c’est un symbole, une image de nous-mêmes.
Pour un homo motardus de sexe masculin, c’est très souvent un attribut de virilité.

Et soyons honnêtes, le regard des femmes sur les motards, en particulier de la part des femmes non motardes, vient parfois nourrir cette idée : le fantasme du motard, au visage masqué par son casque qui permet toutes les imaginations, tout de cuir noir vêtu, chevalier des temps modernes, qui chevauche son destrier d’acier et va vous enlever comme un sauvage… ça existe.

La moto est un objet sexuel.
Le monde de la moto est éminemment sexualisé. Beaucoup de motards pensent que leur moto les aide pour draguer, séduire, conclure…

Bien sûr, dans cette compétition pour séduire la femelle, il faut se distinguer, montrer qu’on a la plus grosse, qu’on est plus viril que les autres… et donc faire du bruit !

D’ailleurs, que disons-nous des normes anti-pollution qui forcent les constructeurs à produire des machines moins bruyantes, sinon qu’elles « castrent » le comportement moteur ?
Les mots ont un sens. Une moto moins bruyante est perçue par beaucoup comme « émasculée », diminuée, moins virile… donc moins valorisante pour son propriétaire.

Cette dimension sexuelle de la moto reste le plus souvent inconsciente chez la plupart des adeptes des pots bruyants.
Ces derniers vont la cacher derrière d’autres justifications : la recherche d’une esthétique visuelle ou sonore et/ou de sécurité et/ou de performance…

 

 * * *

Précisions juridiques

Toutes les motos récentes (depuis 2007) sont homologuées avec un pot aux normes antipollution Euro X (3 ou 4) et à des niveaux sonores compatibles avec la loi anti-bruit de 1992.

Tous les deux-roues motorisés (2RM) doivent en théorie respecter un niveau maximal d’émission sonore :

  • 72 décibels (dB(A) jusqu’à 50 cm3
  • 79 dB(A) de 80 à 125 cm3
  • 80 dB(A) pour les plus de 500 cm3

RTEmagicC_reglementation_bruit.gifCes niveaux maximaux sont hélas purement fictifs.
De nombreuses motos de grosse cylindrée sont homologuées avec des émissions entre 85 et 90 dB, voire jusqu’à 95 dB (sur la Suzuki 600 GSX-R, alors que c’est le niveau maximal défini par la FFM pour des motos de circuit).

Il faut bien comprendre que ce niveau maximal de volume sonore émis n’est en fait pas un maximum, justement.
À l’heure actuelle, la limite fixée par la norme Euro 4 est de 80 décibels pour les silencieux d’échappement. Pour prendre ces mesures, un premier test est réalisé en laboratoire, en faisant rouler la moto en troisième sur des pistes d’essai de 50 km/h. Celui-ci sera suivi d’une deuxième prise, effectuée cette fois-ci à l’arrêt et avec un régime de puissance à 50% du maximum. Le sonomètre sera tenu à 50 centimètres du pot d’échappement.
Par contre, à plus de 50 km/h et à plus de 50% du régime moteur… le niveau sonore peut monter au-delà de ces 80 dB, sans dépasser la limite fixée sur la carte grise, elle-même soumise à une marge de tolérance de 5 dB.

C’est ainsi que certaines machines dépassent les 100 dB émis à pleine puissance, voire culminent à 115 dB. L’équivalent d’un marteau piqueur à trois mètres.

Comme tous les produits qui permettent de faire plus de bruit sont disponibles, pourquoi se gêner ?

Hypocrisie habituelle du législateur et des commerçants : tout est en vente libre, mais on n’a pas le droit de s’en servir…

Les échappements non homologués, les kits moteur, les échappements libres : tout est censé être réservé à la compétition, utilisé seulement sur circuit, en dehors de la voie publique.

Et encore, de plus en plus de circuits imposent l’échappement d’origine ou tout au moins limité à 95 dB, la norme de la FFM.

Mais cela ne pose pas de problème aux marchands, ils continuent à vendre des pots « full barouf », en sachant très bien que c’est pour faire du bruit aux terrasses des bistrots.
A 500 ou 1.000 euros le pot, pourquoi tuer la poule aux oeufs d’or ?

Et de leur côté, les forces de l’ordre ne sanctionnent presque jamais l’excès de bruit.

  1. Déjà, presque personne ne porte plainte. Les gens se plaignent, râlent, pestent, ronchonnent, mais personne (ou presque) ne sait qu’il existe une loi anti-bruit et que les nuisances sonores sont illégales.
  2. Ensuite, il faut constater le flagrant délit. Le temps que le quidam alerte la police et que celle-ci arrive, le scooter pétaradant ou la moto-cross non homologuée est déjà loin…
  3. Enfin, il faut constater soit le caractère non homologué du véhicule, soit le dépassement des normes sonores.

Premier problème, la plupart des flics n’y connaissent rien en mécanique ou en équipements moto/scooter.
Comment voulez-vous qu’ils sachent reconnaître un échappement non homologué ? Ce n’est pas marqué dessus…

Second problème, l’insuffisance d’équipement en sonomètres, le seul dispositif capable de mesurer de façon certaine les émissions sonores d’un véhicule, selon un protocole précis.
Il y en a dix pour toute l’Ile-de-France… Et en province, c’est bien s’il y en a un par département.

Un pot non homologué modifie les caractéristiques du véhicule.
Conséquence en cas de sinistre : l’assurance ne couvre pas. En théorie.

Et s’il y a des blessés ou des tués dans un accident dont vous serez responsable, avoir modifié votre véhicule constitue aux yeux de la loi une circonstance aggravante.

Pour info, l’utilisation d’un système non homologué sur la route peut vous conduire au tribunal de police pour une amende de 5e classe.
Le montant en est déterminé par le juge, mais ne peut excéder 1.500 euros.

Sanctions complémentaires en option : l’immobilisation du véhicule et/ou l’obligation de présenter le véhicule dans un état conforme.

Mais posséder un dispositif d’échappement homologué ne vous autorise pas tout.

Voici les articles du code de la route concernant les pots d’échappement.

  • Le décret 95-79 du 23/01/1995 prévoit que « L’utilisation, en connaissance de cause, d’un dispositif ayant fait l’objet d’une procédure d’homologation, mais qui aura subi des modifications rendant l’objet ou le dispositif non conforme est punie par une contravention de 5e classe. »
    Le montant de ce type de contravention est décidé au tribunal de police par l’officier du ministère public, mais ne peut excéder 1.500 euros.
  • L’article R 318-3 prévoit que « L’émission de bruits susceptibles de causer une gêne aux usagers de la route et aux riverains » ou « Le dépassement des valeurs maximales (contrôle au sonomètre) » ou un « dispositif d’échappement en mauvais état (défectueux, inefficace) » est puni par une contravention de 3e classe, d’un montant de 68 euros, de l’immobilisation du véhicule et de l’injonction de présenter le véhicule « exagérément bruyant » à un service de contrôle.
  • Ce même article prévoit aussi que « L’utilisation du moteur à des régimes excessifs » est punie par une contravention de 3e classe, d’un montant de 68 euros.

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Ma conviction personnelle est que :
Un pot adaptable non homologué (NH), ça ne sert à rien !

Juste à vous faire dépenser votre fric à essayer de faire croire que vous avez une plus grosse moto.

C’est fatigant sur route

nuisances_sonores_413Un bruit plus élevé vient s’ajouter au niveau sonore déjà très élevé qui règne dans le casque d’un motard.
Il ajoute à la fatigue, surtout sur long trajet.

Pour info, la moyenne de niveau sonore enregistré à l’intérieur d’un casque intégral sur une moto non carénée tourne autour des 90 décibels à 100 km/h et 100 dB à 130 km/h. Soit le bruit d’un avion au décollage.
C’est-à-dire qu’au bout d’une heure sur autoroute à vitesse légale (sans protections auditives), vous commencez à endommager irrémédiablement votre oreille…

Et il faudrait en plus ajouter le bruit d’un pot NH ?

Le niveau sonore « souhaitable » est de 70 dB à 90 km/h, ce qui correspond au bruit d’une salle de classe.
Demandez aux enseignants ce que ça fait de supporter ce bruit pendant une journée d’affilée, ils témoigneront que c’est déjà assez pénible…

Le Code du travail français et une directive européenne stipulent que nul ne doit avoir à supporter plus de huit heures par jour un bruit supérieur à 85 décibels (dB A), soit le niveau de bruit observé en cas de trafic routier intense.

L’oreille humaine peut en effet supporter presque tous les niveaux de bruit, mais pas pendant un temps infini.

Sachant que la sensation sonore suit une augmentation logarithmique et double tous les 3 dB, le délai maximal d’exposition avant des lésions irréversibles de l’oreille interne est de quatre heures par jour pour 88 dB, deux heures pour 91 dB…
Le seuil de danger pour l’oreille est de 90 dB et celui de douleur à 120 dB.

Cela donne une idée de l’agression que subit notre appareil auditif à moto.
Or le bruit en roulant a des conséquences sur la sécurité car les cellules ciliées (les capteurs sensoriels de l’oreille) transforment le bruit en impulsions nerveuses qui troublent le travail intellectuel et l’analyse de l’environnement routier.

Il ne faut pas négliger les effets collatéraux de la fatigue auditive, qui se répercute sur la fatigue générale.
La saturation sonore fatigue le cerveau, on arrive beaucoup plus fatigué, donc moins vigilant.

* * *

C’est cher

C’est pas la petite pièce à 30 euros. Y en a pas en-dessous de 300 euros en neuf et ça peut grimper jusque 1.000 euros pour une ligne complète Akra.

Autant d’argent qui part en fumée puisqu’il ne sera pas possible de le récupérer à la revente de la moto.
Un pot, c’est un accessoire, ça perd au moins la moitié de sa valeur à la revente.

Et en plus, dans le cas du pot, il faut garder le pot d’origine car on a l’obligation de le fournir à l’acheteur lors de la revente de la moto.

D’où double dépense : le prix de l’origine (même s’il est compris dans le prix de la moto, il ne faut pas l’oublier) + le prix du pot de remplacement.

Autant d’argent qui n’est plus disponible pour d’autres équipements, qui sont eux plus importants, notamment pour la sécurité.

Les 300 euros qui passent dans un pot bas de gamme, c’est le prix d’un bon pantalon de cuir.
1.000 euros mis dans un super pot de la mort qui partira avec la moto dans trois ans, c’est le prix d’une tenue complète de protection de bonne qualité que vous garderez dix ans.

A votre avis, c’est quoi le plus important ?
Votre peau ou l’impression que les gens vont retenir de votre passage pendant cinq secondes ?

 

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Conclusion

Cette problématique du bruit des deux-roues devient de plus en plus importante, centrale.

Certains motards éludent le sujet en prétextant qu’on en parle trop, qu’en discuter serait une forme de manipulation liberticide…
D’ailleurs, c’est d’emblée reconnaître que toute discussion raisonnable ne peut déboucher que sur la reconnaissance du bruit des motos en tant que nuisance.

La communauté motarde ne pourra plus très longtemps s’affranchir d’un examen de conscience.
Sur ce sujet comme sur d’autres, mais de façon très urgente sur celui-ci, les abus / dérives d’une minorité risquent de pénaliser la majorité des motards qui roulent avec un pot d’origine ou homologué, ne font pas hurler le moteur en ville, etc.

Nous tous payons (ou allons payer) les conséquences des abrutis qui roulent en moto ou scooter (de toutes cylindrées) avec des pots hyper bruyants.

Encore et toujours, individualisme, égoïsme, non respect d’autrui, recherche du plaisir égo-centré et d’une « liberté » au mépris de celle des autres… jusqu’à ce que les pouvoirs publics réagissent et encadrent la liberté de tout le monde, voire les en privent.

Mais restons raisonnables et optimistes…
Déjà, il ne faut pas généraliser : 80% des scooters et motos 50 cm3 sont trafiqués, mais pas tous. La majorité des motos sportives et roadsters ont un pot adaptable, parfois non homologué, mais pas toutes. Et la très large majorité des motos basiques, routières, de grand tourisme font peu de bruit.
Donc, pas d’amalgame !

Quant à la solution, elle n’est pas dans la répression, qui restera de toute façon lettre morte. Inutile de lancer une loi de plus qui ne sera pas respectée.

La seule solution est dans l’éducation, pour faire comprendre aux conducteurs de 2RM que le bruit n’est pas valorisant. Que ce n’est pas parce qu’ils font plus de bruit qu’ils vont plus vite.

De façon générale, il faut sortir de la culture ancienne et macho du deux-roues comme engin de rébellion et de liberté.
La liberté, oui, mais celle qui s’arrête là où commence celle des autres.
Par exemple, celle de vivre en paix, de pouvoir marcher dans la rue sans se faire casser les oreilles, de pouvoir se reposer chez soi sans se faire emmerder par le scoot’ qui fait dix fois le tour du quartier…

Hélas, il faudra sans doute plusieurs générations, on part de très très très loin…

Pour continuer à parler du bruit et de ses nuisances, mais pour les motards eux-mêmes, lire l’article « Se protéger du bruit à moto« .

 

Source:  https://moto-securite.fr/motards-bruit/

 

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