
“Les habitations proches des zones agricoles traitées chimiquement perdent 30% de leur valeur
Des pesticides impactent l’immobilier
5avril 2025 • 2 min – par Olivier Badart
Bruits incessants des machines agricoles et utilisation massive de pesticides dans certaines zones de cultures ont un impact direct sur la qualité de vie des riverains, mais aussi sur la valeur de leurs propriétés.
Les notaires, conscients de ces désagréments, n’hésitent plus à dévaluer les prix des maisons situées à proximité des champs agricoles. C’est ainsi qu’une riveraine de Faimes a récemment appris que la valeur de son bungalow avait chuté de 30%.
À mesure que l’agriculture intensive se développe, les habitants vivant à proximité immédiate des champs agricoles se retrouvent confrontés à des nuisances de plus en plus problématiques. Entre les nuisances sonores constantes et l’utilisation massive de pesticides, la qualité de vie des riverains est sérieusement affectée. En plus des impacts environnementaux et sanitaires, ces désagréments entraînent également une dévaluation importante des propriétés, mettant les propriétaires dans une situation économique difficile. Cette réalité a conduit certains notaires à ajuster les prix des maisons en fonction des risques liés à la proximité des terres agricoles. Il faut dire que les candidats acquéreurs se renseignent beaucoup plus qu’auparavant sur l’environnement du bien convoité en n’hésitant pas à interroger les voisins et les autorités communales. Le prix de vente des maisons situées en zones agricoles intensives tient donc désormais compte des désagréments. Au grand dam des propriétaires.
Des conséquences sanitaires et économiques

Le prix des maisons jouxtant les zones de cultures intensives est dévalué par les notaires © RTBF
Ce phénomène ne se limite pas à une simple dépréciation immobilière. L’exposition aux pesticides, qui se retrouvent dans l’air, l’eau et même à l’intérieur des maisons, entraîne des risques sanitaires inquiétants. Selon un expert en sciences agronomiques de Gembloux, des traces de 62 produits différents ont été détectées dans les habitations voisines des terres agricoles sondées. Ce type de contamination, qui touche de nombreuses zones résidentielles, expose les habitants à des maladies chroniques telles que la maladie de Parkinson ou le cancer.
Les recommandations des scientifiques, qui préconisent l’instauration de zones tampons de 20 mètres autour des champs et l’interdiction des traitements chimiques en cas de vents supérieurs à 15 km/h, sont restées lettre morte. Pendant ce temps, les agriculteurs voisins semblent, eux, appliquer un principe de précaution en entourant leurs fermes de larges prairies, une démarche qui reste, malheureusement, absente pour les riverains.
Source: https://www.rtbf.be/article/les-habitations-proches-des-zones-agricoles-traitees-chimiquement-perdent-30-de-leur-valeur-11531036
