
“Bruxelles perd toujours des habitants au profit de la Flandre et de la Wallonie, mais un peu moins que pendant le Covid
20250614
Plus de 43.000 Bruxellois ont déménagé vers la Flandre ou la Wallonie en 2024, contre seulement 25.000 emménagements dans la capitale depuis les deux autres régions. Comme depuis plus de 30 ans, le mouvement se poursuit, mais il est moins fort que pendant le Covid.
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Par Guillaume Woelfle avec Thomas Destreille
Le phénomène est loin d’être nouveau. Dans tous les relevés de Statbel disponibles depuis 1992, il y a chaque fois eu davantage de départ de la capitale vers la Flandre et la Wallonie que d’arrivées. En 2024, ce sont ainsi 43.102 Bruxellois qui ont quitté la capitale et 25.109 qui l’ont rejointe, soit un solde négatif de 17.993 départs. La Wallonie a un léger solde positif de 4067 arrivées des deux autres régions alors que la Flandre a accueillis 13.926 Wallons et Bruxellois en 2024.
Cet exode de la ville, déjà constaté dans notre podcast “Ne me quitte pas”, est motivé par une recherche d’air et d’espace, mais en restant à proximité de la capitale tant pour ses services que pour le travail. Mais, ajoute Sibylle, 37 ans, qui vient vient d’emménager dans le Brabant wallon, il y a aussi des raisons financières.
“J’ai habité à Bruxelles pendant presque 20 ans, j’y suis vraiment très attachée, mais malheureusement, j’ai du quitter Bruxelles parce que je cherchais à être propriétaire d’un espace plus grand que ce que je pouvais me permettre dans la capitale.“
Les prix de l’immobilier que ce soit à l’achat ou à la location sont effectivement plus élevés dans la capitale que dans les deux autres régions. Et la baisse des droits d’enregistrement à 3% en Wallonie pourrait encore accentuer cette tendance de logements plus accessibles dans le Brabant wallon qu’à Bruxelles.
Cet éloignement pour des raisons financières a d’autres conséquences sur sa vie quotidienne. “Mon lieu de travail est plus éloigné aujourd’hui que ce qu’il l’était quand j’habitais à Bruxelles. Les trajets sont plus longs, en termes de kilomètres et en termes de temps. Mais par contre, cela en vaut la peine parce que quand j’arrive chez moi, je suis vraiment chez moi. Et puis, il y a cette verdure autour, un cadre différent qui donnent un esprit plus villageois que ce que j’avais à Bruxelles.“
Ce phénomène a tendance a faire grossir les brabants flamand et wallon. “Il y a tout cet espace péri-urbain d’où viennent beaucoup de gens qui n’habitent plus Bruxelles mais viennent y travailler. Et il y a beaucoup d’échanges migratoires entre la région et cet espace péri-urbain. C’est assez classique et ce n’est pas propre à Bruxelles, analyse Jean-Pierre Hermia, démographe à l’IBSA, l’institut Bruxellois de la Statistique et d’Analyse. Parmi les gens qui quittent Bruxelles, on remarque davantage de familles avec de jeunes enfants. A l’inverse, ceux qui arrivent à Bruxelles sont plutôt des jeunes adultes qui viennent de terminer leurs études et qui entrent sur le marché de l’emploi.“
Un phénomène loin d’être nouveau
Ce phénomène n’a rien de nouveau ou de spectaculaire. Cela fait au moins 32 ans (et les relevés de Statbel les plus anciens) qu’environ 10.000 à 20.000 Bruxellois quittent en “net”, la capitale.
Depuis trois ans, cet exode hors de la ville est même en baisse par rapport au pic de 21.000 départs nets en 2021. Lors de cette année, les confinements liés au Covid ont probablement boosté la recherche d’espace et de verdure.
La population bruxelloise totale continue à croître comme dans les deux autres régions
Mais ces départs ne représentent pas grand chose en termes de mouvements de population. A peine 1% à 2% de la population bruxellois globale qui quitte la ville. Et ces départs sont compensés puisqu’au total, la population bruxelloise continue d’augmenter : + 6.198 Bruxellois en 2025, en raison de naissances plus élevées que le nombre de décès (alors que c’est l’inverse en Flandre et en Wallonie) et d’une migration internationale qui lui apporté près de 55.000 arrivées (contre 35.000 départs).
En proportion, c’est en revanche en Flandre que la population croît le plus, avec 42.996 habitants en plus en 2025 qui s’explique, on l’a dit, par une arrivée de Wallons et de Bruxellois, mais aussi par la migration internationale. En revanche, comme la Wallonie, la Flandre compte plus de décès que de naissances dans sa population.
Au 1er janvier 2025, la Belgique comptait 1.825.551 habitants, dont 6.821.770 Flamands, 3.692.283 Wallons et 1.249.597 Bruxellois.
Sources :
- https://www.rtbf.be/article/bruxelles-perd-toujours-des-habitants-au-profit-de-la-flandre-et-de-la-wallonie-mais-un-peu-moins-que-pendant-le-covid-11561826
