
“« Des éléments posent question » : le groupe Huy en Commun veut une enquête sur son ancien bourgmestre, soupçonné d’espionnage
Rodrigue Demeuse, conseiller communal et chef de groupe de Huy en Commun, envisage désormais la voie judiciaire suite à la révélation de mises en garde de la Sûreté de l’État concernant l’ancien bourgmestre hutois Eric Dosogne, a-t-il annoncé dimanche à l’agence Belga. Il affirme que diverses pièces ont été transmises au Procureur du Roi afin d’évaluer la pertinence d’éventuelles poursuites sur le plan pénal.
Par la rédaction Publié le 22/06/2025 à 16:56 Temps de lecture: 2 min
Dans ce dossier, l’élu socialiste Eric Dosogne est entre autres soupçonné d’avoir espionné Samuel Cogolati (Ecolo), conseiller communal Huy en Commun et co-président d’Ecolo, pour le compte de l’ambassade de Chine à Bruxelles.
Samuel Cogolati a dès lors exercé son droit de regard auprès de l’administration communale pour éplucher divers documents, dont de nombreux PV du collège. Au total, les deux conseillers de l’opposition disent avoir en leur possession 155 pages qui révèlent l’existence depuis 2012 de relations étroites avec la Chine, dont une trentaine de rencontres entre l’ancien bourgmestre et des officiels chinois. Interrogé à ce sujet lors d’un précédent conseil communal, l’actuel bourgmestre socialiste Christophe Collignon n’avait toutefois fait état que de cinq rencontres.
Des éléments qui posent question
Estimant la confiance rompue, le groupe Huy en Commun a dès lors décidé de faire suivre au ministre wallon des Pouvoirs locaux, François Desquesnes (Engagés), les documents utiles dans le cadre de l’enquête administrative que ce dernier a lancée afin d’identifier dans quelle mesure il y a ou non un conflit d’intérêts : « Selon nous, il y a une série de faits qui sont largement contraires au code de déontologie et d’éthique dicté par le règlement d’ordre intérieur du conseil et au Code de la démocratie locale », explique Rodrigue Demeuse.
Le dossier a également été transmis au Procureur du Roi afin d’évaluer la pertinence d’éventuelles poursuites « pour les éléments qui posent question sur le plan pénal et qui méritent d’être éclaircis. On ne préjuge pas des conclusions mais l’usage des deniers communaux pour financer des cadeaux personnels pose question. Cela concerne des milliers d’euros, peut-être même des dizaines de milliers d’euros, notamment en frais de déplacement pour aller chercher des cadeaux à Pairi Daiza, par exemple », conclut le représentant de Huy en Commun.
Les élus interpelleront une nouvelle fois à ce sujet le collège communal lors du conseil du 30 juin prochain. Les conseillers espèrent récupérer davantage de pièces justificatives en remontant jusqu’en 2002, année du pacte d’amitié avec la ville chinoise de Taizhou, notamment de la correspondance ou encore des factures de restaurant.
La réaction de Dosogne
« Je conteste en bloc ces affirmations dépourvues de fondement », avait indiqué fin du mois d’avril dernier dans un communiqué le socialiste Eric Dosogne, selon qui ses relations avec les autorités chinoises relevaient « exclusivement de (sa) sphère d’activité politique ».
Selon lui, ses contacts avec les différents ambassadeurs chinois successifs n’avaient qu’un seul but : « promouvoir la ville de Huy et montrer que nous pouvions être un partenaire intéressant pour eux tant au niveau touristique qu’économique ou encore sur le plan culturel ».
Source: https://www.lesoir.be/683281/article/2025-06-22/des-elements-posent-question-le-groupe-huy-en-commun-veut-une-enquete-sur-son
