Dans cette affaire, les enquêteurs soupçonnent les lobbyistes de Huawei d’avoir offert des cadeaux à des parlementaires pour qu’ils défendent à Bruxelles les intérêts du géant chinois de l’informatique.

Par Belga Publié le 26/06/2025 à 15:13 Temps de lecture: 2 min
La présidente du Parlement européen Roberta Metsola a pointé du doigt jeudi une erreur de la justice belge qui avait demandé, il y a un mois, de lever l’immunité parlementaire d’une eurodéputée dans l’affaire Huawei, avant de retirer cette demande.
« Je n’accepterai pas que des membres du Parlement européen soient ciblés sans base solide », a prévenu Mme Metsola, répondant à une question en conférence de presse, en marge du sommet européen de Bruxelles.
« Nous l’avons vu dans le cas de Mme (Giusi) Princi, qui a dû subir l’annonce publique de son nom dans le cadre de cette enquête, pour en être retirée quelques heures plus tard à peine ».
Dans cette affaire, les enquêteurs soupçonnent les lobbyistes de Huawei d’avoir offert des cadeaux à des parlementaires pour qu’ils défendent à Bruxelles les intérêts du géant chinois de l’informatique.
Huit personnes sont inculpées de corruption, blanchiment d’argent et participation à une organisation criminelle. Quatre députés européens – le socialiste maltais Daniel Attard, le centriste bulgare Nikola Minchev et les Italiens de centre-droit Salvatore de Meo et Fulvio Martusciello – risquent toujours la levée de leur immunité parlementaire.
L’eurodéputée de centre-droit Giusi Princi figurait parmi eux initialement, avant que la justice belge ne se rétracte.
« Cela place les eurodéputés dans une position impossible, mais aussi le Parlement européen », a déploré Mme Metsola.
« Nous attendons des autorités nationales, si elles s’apprêtent à demander une levée d’immunité, que cette demande soit dûment fondée avant d’être acceptée par le Parlement. Nous voulons en fait nous assurer d’un minimum d’éléments requis », a-t-elle ajouté, réclamant de connaître au moins les soupçons et les éléments qui pèsent sur les élus visés.
« S’il y a des allégations crédibles de malversation, nous serons les premiers à réclamer d’agir, comme nous l’avons fait. S’il n’y en a pas, nous nous assurerons que les droits et les immunités des eurodéputés, ainsi que l’intégrité et la crédibilité du Parlement européen soient défendus avec robustesse », a averti Roberta Metsola.
Source: https://www.lesoir.be/684195/article/2025-06-26/affaire-huawei-metsola-pointe-du-doigt-une-erreur-judiciaire-belge
