Le Belge et l’automobile est un vaste sujet. La bonne nouvelle : les sondages pleuvent à l’approche du Salon de l’auto. La mauvaise : ils sont pour la plupart dépourvus du moindre intérêt. Article réservé aux abonnés


Humeur – Journaliste au pôle Planète
Par Benoît July Publié le 9/01/2026 à 15:21 Temps de lecture: 1 min
L’automobiliste belge est un être multiforme et curieux. A la fois volage et déterminé, soucieux de l’environnement, mais surtout de son portefeuille, doutant de la mobilité électrique, mais enclin à s’y convertir, notamment. Un automobiliste à la sauce « en même temps » en quelque sorte, dont on serait bien en peine de dresser un portrait cohérent à la lecture des multiples sondages qui s’y intéressent.
De tels sondages pleuvent à l’approche du Salon de l’auto. On aimerait y voir le reflet d’un souci vertueux d’en connaître davantage sur l’homo automobilicus. On constate, mais en est-on vraiment surpris, qu’ils poursuivent parfois des buts d’une moindre noblesse.
Ainsi a-t-on appris récemment, grâce à une marque coréenne, que « 67 % des acheteurs potentiels se disent souvent ou très souvent perdus face à la terminologie automobile », et que « 80 % d’entre eux font davantage confiance aux marques qui communiquent de manière claire et accessible ». Cela tombe bien, cette marque a justement prévu sur son site, à l’occasion du Salon de l’auto, une rubrique « moins de blabla » pour les aider à s’y retrouver.
Cela nous rappelle un récent sondage affirmant qu’« un Belge sur six avoue ne jamais payer son parking en rue » et qui n’avait d’autre objectif que de promouvoir… une appli de parking. On en arriverait à croire qu’un réflexe pavlovien unit désormais les stratèges du marketing : « Comment faire parler de nous ? – Et si on organisait un sondage ? – Bonne idée, chef ! ».
Parfois, c’est un peu moins cousu de fil blanc. Dans les banques, par exemple, on noie plus finement le poisson. Chez BNP Paribas Fortis, on estime, sondage à la clé, que « 18 % des ménages envisagent de remplacer leur voiture thermique par un modèle électrique d’ici fin 2027, contre 11 % l’année précédente. Les signaux semblent converger vers une réorientation durable du marché de la voiture électrique ». Fort bien, c’est intéressant. Mais la banque s’en serait voulu de ne pas sonder les Belges, dans le même élan, sur leur intérêt pour le leasing privé. « Cette solution de mobilité qui permet d’utiliser une voiture via un abonnement tout compris séduit près d’un ménage belge sur quatre », affirme la banque, qui souligne que « les moins de 35 ans se démarquent avec 37 % d’avis positifs. » Cela devient cocasse quand une autre banque, Crelan, sondant les Belges sur le même sujet, affirme que « parmi les moins de 35 ans, 16 % envisagent le leasing privé ». Euh, vous voulez dire 16 ou 37 % ?…
Qu’en conclure ? Un esprit chagrin remarquerait que le leasing privé est sans intérêt pour 63 % des jeunes (BNP Paribas Fortis), voire 84 % d’entre eux (Crelan). Un esprit plus chagrin se demanderait comment de telles institutions peuvent en arriver à des résultats aussi différents. Un esprit plus chagrin encore s’interrogerait quant à lui de l’intérêt de sondages dont le seul but n’est que de servir la notoriété des entreprises qui les ont commandés…
Source: https://www.lesoir.be/721379/article/2026-01-09/quand-lautomobiliste-belge-est-sonde-linsu-de-son-plein-gre
