Le trafic illégal de Lyrica est en hausse depuis plusieurs années en Belgique, un phénomène qui touche principalement les populations plus vulnérables.
Henry Meekers
Publié le 08-05-2026 à 19h13

La consommation de Lyrica, un médicament antiépileptique, est en forte hausse ces dernières années en Belgique. Initialement prescrit contre l’épilepsie et les douleurs neuropathologiques, le médicament est de plus en plus détourné de son usage médical.
Trois trafiquants en possession de 2600 comprimés de Lyrica ont récemment été interpellés à Anvers. Un phénomène de plus en plus courant d’après Marc Vancoillie, chef du service des stupéfiants de la Police judiciaire fédérale. “Nous y accordons une attention particulière en interne, car nous constatons une nette augmentation. Probablement parce qu’il s’agit d’un médicament relativement bon marché”, précise-t-il.
Une drogue “bon marché”
Le médicament est trouvable de plus en plus facilement sur le marché noir, une pilule peut se vendre entre un et cinq euros, ce qui lui vaut le surnom de “drogue du pauvre”. Les autorités affirment que la majorité de ces contrefaçons proviennent de pays comme la c ou l’Inde et sont directement envoyés par voie postale.
Le trafic de Lyrica peut aussi se passer par la voie légale. Le médicament est disponible sur ordonnance et de plus en plus de pharmaciens signalent des abus, selon le Centre belge d’information pharmacothérapeutique (CBIP). Coïncidence ou non, environ 20.000 personnes possédaient une ordonnance en 2014 contre plus de 170.000 dix ans plus tard.
Quels effets ?
Une surconsommation de prégabaline, la substance active du Lyrica, est régulièrement associée à d’autres analgésiques comme la morphine ou l’héroïne. Les consommateurs entrent dans un état d’euphorie, ressentent moins la douleur et “ont une vision plus optimiste de la vie” d’après Jan Tytgat, toxicologue.
Dans un usage médical, le médicament peut prévenir les crises d’une personne épileptique et lui sauver la vie, mais tout dosage supérieur à 600 milligrammes quotidiennement peut s’avérer fatal. À ça s’ajoutent des risques de problèmes respiratoires et de troubles du rythme cardiaque.
Le médicament n’est, pour le moment, pas consommé en festivals ou fêtes par les jeunes, mais plutôt par une population plus vulnérable selon la police et le service d’information sur les drogues. Les demandeurs d’asile et les sans-abri sont particulièrement touchés par ce fléau.
Source: https://www.lalibre.be/planete/sante/2026/05/08/la-drogue-du-pauvre-quest-ce-que-le-lyrica-ce-medicament-de-plus-en-plus-detourne-de-son-usage-medical-HNFVKDAUOBFMXA7B2GTDOPPXEI/
