L’Université Paris Cité a retiré au physicien et philosophe Étienne Klein son doctorat en philosophie des sciences et lui a interdit toute réinscription en doctorat.

Belga Agence
Publié le 12-06-2026 à 14h36

Cette double sanction lui aurait été notifiée au début du mois de juin à l’issue d’une procédure ouverte après des accusations de plagiat portant sur sa thèse soutenue en 1999.
Figure de la vulgarisation scientifique en France, animateur de “La Conversation scientifique” sur c et directeur de recherche au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), Étienne Klein avait obtenu ce doctorat à l’Université Paris-Diderot avec une thèse consacrée au concept d’unité en physique. Ce travail lui avait ensuite permis d’obtenir une habilitation à diriger des recherches (HDR) en 2006.
À l’origine de cette déchéance, une enquête publiée en août 2024 par le magazine “Arrêt sur Images”. Les journalistes révèlent alors de nombreux passages non attribués dans la thèse publiée sous le titre “L’Unité de la physique”. Ils identifient des emprunts à une vingtaine de sources, parmi lesquelles Louis de Broglie, Albert Camus ou encore Michel Paty, membre du jury de thèse, sur environ 20% des pages du document.
À la suite de ces révélations, l’Université Paris Cité a ouvert une enquête menée avec les référents à l’intégrité scientifique de l’université et du CEA. Après analyse, les passages problématiques concerneraient plus de 60% de la thèse et pas moins d’une centaine d’auteurs différents seraient en réalité plagiés.
Après avoir d’abord semblé revendiquer ces emprunts sur le réseau social X, en les présentant comme liés à des pratiques de vulgarisation et à un contexte académique différent, Étienne Klein avait ensuite reconnu avoir “enfreint certaines règles” et présenté ses excuses, évoquant de la “désinvolture” et de la “négligence”.
Dans un long texte publié ce vendredi 12 juin sur X sous le titre “Guillemets, paraphrases et Chat-GPT”, il revient sur l’affaire. Il explique avoir parfois réutilisé des formulations rencontrées au fil de ses lectures, “pas toujours de façon consciente”, affirme-t-il. Il insiste sur le fait que ces phrases lui apparaissaient avant tout comme des “vectrices de connaissances partagées” et dit éprouver un “étonnement proche de la sidération” face à l’évolution du regard porté sur ces pratiques.
Le physicien estime également que la traque des reprises textuelles, dont il s’est rendu coupable, mobilise davantage d’énergie que la lutte contre la désinformation scientifique.
Le CEA a indiqué au magazine Sciences et Vie “avoir pris connaissance des sanctions prononcées par l’Université Paris Cité” et a déclaré qu’il entendait agir en conséquence. La question du maintien de l’habilitation à diriger des recherches d’Étienne Klein reste néanmoins ouverte. Le chercheur dispose par ailleurs de voies de recours devant l’université puis, le cas échéant, devant la justice administrative.
Source: https://www.lalibre.be/planete/sciences-espace/2026/06/12/le-physicien-etienne-klein-perd-son-doctorat-en-philosophie-pour-avoir-plagie-sa-these-4ADFSXUV3FHZVMB626FNSE5O2I/
