“Congo et CEB, la Fédération Wallonie-Bruxelles recadre la polémique
Une question d’histoire posée lors de l’épreuve du CEB en Fédération Wallonie-Bruxelles suscite la controverse. Elle faisait référence à un texte non contextualisé validant implicitement la colonisation du Congo. C’est un mauvais procès estime en substance l’administration de l’Enseignement.


Chef du pôle Société Par Eric Burgraff Publié le 30/06/2026 à 18:46 Temps de lecture: 3 min
Voilà une polémique dont la Fédération Wallonie-Bruxelles se serait bien passée… Lors de l’épreuve d’histoire programmée le 19 juin dernier, les élèves avaient à résoudre une question faisant appel à leur sens critique. A leur disposition : un court texte célébrant la colonisation du Congo par la Belgique dans la seconde moitié du 19e siècle, titré « Léopold II, un roi entreprenant et un fin stratège ». Question aux élèves de 12 ans : ce document convient-il pour une recherche sur la colonisation des Amériques ? La réponse attendue doit être « non » puisque, ni le lieu ni la date, ne correspondent au continent américain.
Les choses se corsent quand on découvre que le document valide en fait « l’œuvre » colonisatrice de la Belgique et de son roi de l’époque, sans aucune remise en question ou en contexte.
Une polémique qui tombe à une date symbolique
Le texte n’a pas été écrit par un concepteur de l’épreuve mais est extrait d’une exposition qui, précisément, faisait ce travail de critique historique. L’affaire a vite atterri sur les réseaux sociaux… qui n’en demandaient pas tant pour s’enflammer. D’autant plus vite que le 30 juin on célèbre l’indépendance du Congo.
« En aucun cas l’apologie de la colonisation »
Sollicitée par nos soins, l’administration de l’enseignement rappelle d’abord que les questions du CEB sont préparées par un panel composé d’enseignants, de conseillers au soutien et à l’accompagnement, de membres de l’Inspection et de membres de l’administration générale de l’enseignement, en toute indépendance du cabinet de la ministre de l’Education. Elle explique par ailleurs : « La question portant sur la colonisation vise à justifier la pertinence ou la non-pertinence d’un document donné par rapport à une problématique en lien avec un moment clé relatif à la multiculturalité en Belgique et dans le monde. La définition de la colonisation reprise dans le cadre de cette question est issue d’un extrait d’un document officiel publié par la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2015 tiré d’une exposition organisée par le musée royal de Mariemont. Cette définition ne fait en aucun cas l’apologie de la colonisation et met au contraire en avant son caractère discriminatoire. »
S’agissant de la question de la colonisation, l’administration précise que « tous les élèves aborderont dans le cadre du tronc commun la question coloniale sous un angle critique en mettant en avant les discriminations. Les référentiels mettent en effet en lumière le caractère discriminatoire, la ségrégation raciale et le caractère violent du processus colonial ainsi que la violence structurelle. Plus tard dans leur parcours scolaire, les élèves seront aussi amenés à énoncer des inégalités en lien avec la ségrégation raciale établie lors de la colonisation belge en Afrique centrale. ».
Source: https://www.lesoir.be/756535/article/2026-06-30/congo-et-ceb-la-federation-wallonie-bruxelles-recadre-la-polemique
