Skip to content
42
Menu
  • Privacy Policy
Menu

PFAS : en Wallonie l’impunité des industries sera-t-elle aussi éternelle que la pollution qu’elles émettent ?

Posted on 28/09/202628/09/2026 by vacama
Des seuils maximaux de PFAS dans l’eau potable ont été imposés. ©belga image

“PFAS : l’impunité des industries sera-t-elle aussi éternelle que la pollution qu’elles émettent ?

En novembre 2023, le scandale éclatait : tous les Wallons sont contaminés par les PFAS. Trois ans plus tard : toujours aucune visibilité sur quelles industries émettent des PFAS dans l’environnement, ni en quelles quantités. Face à cette contamination ininterrompue, les décisions courageuses pour endiguer la pollution à la source sont urgentes.

Contribution externe

Contribution externe, Publié le 28-09-2026 à 13h52, Mis à jour le 28-09-2026 à 13h56

Une opinion de Pierre Jamar, chargé de mission Santé-Environnement chez Canopea

En avril 2025, le Gouvernement wallon signait une convention prometteuse avec la fédération wallonne des entreprises (AKT) pour lever le voile sur les rejets industriels. La partie de cette convention visant à collecter les données de rejets des industries s’est soldée par un échec : aucune donnée n’a été partagée avec les autorités. On ne sait toujours pas qui émet quoi, où, ni en quelles quantités.

Depuis 2025, seules les entreprises qui renouvellent leur permis se voient imposer un monitoring qui vise à analyser 25 molécules PFAS dans leurs rejets d’eaux usées. Si ce monitoring révèle un dépassement du seuil de 4,4 ng/l pour la somme des 25 PFAS, des limites d’émissions sont inscrites dans le permis d’environnement.

Le Gouvernement wallon tergiverse sur la mise en place d’un monitoring systématique et obligatoire au sein de l’ensemble des industries potentiellement émettrices – et c’est regrettable. Comment réduire ce qu’on ne mesure pas ?

Vingt ans supplémentaires

Un permis d’environnement dure 20 ans. Au rythme actuel, il faudra donc autant de temps pour passer en revue l’ensemble des entreprises wallonnes et enfin avoir une vision complète sur l’ampleur de la pollution. Vingt ans supplémentaires pendant lesquels les PFAS seront rejetés dans l’environnement.

Par ailleurs, la liste des PFAS à surveiller s’allonge d’année en année. Surveiller aujourd’hui uniquement 25 molécules PFAS dans les rejets d’une entreprise revient à mettre des œillères sur les 12 000 autres actuellement sur le marché.

Nos voisins français n’ont pas, eux, tergiversé. Tout d’abord, ils ont imposé une analyse PFAS “non-spécifique”, permettant d’évaluer la présence potentielle de PFAS – toutes substances confondues – sans avoir à cibler chaque molécule individuellement. En juin 2023, un arrêté obligeait plus de 2700 entreprises ICPE (équivalent des entreprises de Classe 1 et 2 chez nous) à analyser les PFAS dans leurs rejets d’eaux usées. Si près de 60 % des entreprises monitorées détectaient des PFAS dans leurs rejets, seuls 5,4 % des établissements concentraient 99 % des rejets quantifiés. Ils ont ainsi pu constater qu’il était possible d’enrayer l’essentiel de la contamination en agissant drastiquement sur quelques entreprises clés.

Principe du pollueur-payeur

Les données françaises permettaient également de faire la distinction entre les entreprises rejetant directement vers le milieu naturel de celles rejetant vers une station d’épuration (STEP). Les résultats de monitoring révélaient ainsi que 21 % des entreprises déversent leurs effluents dans des STEP publiques, non conçues pour traiter les PFAS. Rappelons à ce sujet qu’en Wallonie, la SPGE n’a pas de visibilité sur les quantités de PFAS arrivant dans ses STEP en provenance des centaines d’entreprises connectées au réseau d’assainissement. Or, ces données sont indispensables pour appliquer le principe du pollueur-payeur.

En février 2025, enfin, l’Assemblée nationale française adoptait une loi statuant l’interdiction totale des rejets de PFAS dans les eaux, ainsi qu’une meilleure application du principe pollueur-payeur.

Plus nos décideurs tarderont à poser un cadre réglementaire ambitieux, plus la contamination au PFAS augmentera. Il est urgent que nos instances posent des décisions fortes pour endiguer la contamination. L’omniprésence de la pollution au sein de la population et de l’environnement, combinée aux risques toxicologiques qu’elle pose, est largement suffisante pour justifier l’interdiction des rejets PFAS industriels. La qualité de notre santé et l’habitabilité de nos écosystèmes dépendent de la robustesse de nos lois.

Source: https://www.lalibre.be/debats/opinions/2026/09/28/pfas-limpunite-des-industries-sera-t-elle-aussi-eternelle-que-la-pollution-quelles-emettent-MWXA4K3RHFCTXEHTS4IGTNADNQ/

Leave a Reply Cancel reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Search

Archives

  • October 2026
  • September 2026
  • August 2026
  • July 2026
  • June 2026
  • May 2026
  • April 2026
  • March 2026
  • February 2026
  • January 2026
  • December 2025
  • November 2025
  • October 2025
  • September 2025
  • August 2025
  • July 2025
  • June 2025
  • May 2025
  • April 2025
  • March 2025
  • February 2025
  • January 2025
  • December 2024
  • November 2024
  • October 2024
  • September 2024
  • August 2024
  • July 2024
  • June 2024
  • May 2024
  • April 2024
  • March 2024
  • February 2024
  • January 2024
  • December 2023
  • November 2023
©2026 42 | Design: Newspaperly WordPress Theme